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«Le projet de loi portant devoir de réserve soumis aux députés est porteur d’une grave dérive liberticide», a déclaré le général-major à la retraite Khaled Nezzar au site AlgériePatriotique, hier, en réaction au vote prévu ce lundi des textes sur le droit de réserve des officiers de l’ANP. Les deux projets de loi, présentés mardi devant l’APN, concernent le statut des officiers de réserve et le statut général des personnels militaires. Selon Ghania Eddalia, ministre chargée des Relations avec le Parlement, qui les a présentés, ces deux textes de loi visent «les déclarations qui touchent à des secrets à même de porter atteinte à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et l’unité de l’Armée nationale populaire (ANP), troublent l’ordre public ou compromettent les engagements internationaux de l’Etat algérien». «Les militaires, conscients de leur responsabilité vis-à-vis de la nation et du respect dû à la noble Armée nationale populaire, ne porteraient jamais atteinte ni à leur cohésion ni à leur unité», a indiqué hier au site d’information AlgériePatriotique Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense. «Ce projet de loi comporte une grave contradiction qui lui ôte toute légitimité, si bien que l’initiateur de ce texte (Nezzar cite ensuite le chef d’état-major, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, ndlr) veut, par le biais de cette démarche anticonstitutionnelle et antidémocratique, interdire aux anciens officiers de l’armée d’afficher leur opinion, alors que lui-même a ouvertement engagé à plusieurs reprises l’institution militaire dans l’arène politique». Pour illustrer cette tirade, Khaled Nezzar revient sur la lettre de félicitations adressée par le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense à Amar Saadani et rappelle son soutien «politique de manière ostentatoire» au président de la République : «Le chef d’état-major de l’ANP a annihilé ce projet de loi avant même qu’il ait été conçu et soumis à l’appréciation de nos élus. Il a bafoué ainsi la tradition de l’ANP qui, lors de la Constitution de 1989 qui consacrait la démocratie, s’était retirée d’elle-même du Front de libération nationale pour garantir une compétition politique saine». «Il est dans l’intérêt du pays qu’ils (les députés, ndlr) ne compromettent pas l’avenir de la démocratie en adoptant un texte discriminatoire et exclusif qui menace la cohésion nationale», prévient l’ancien ministre de la Défense avant de cibler l’actuel chef d’état-major : «On sait que chez le militaire fruste et mégalomane, beaucoup plus que chez d’autres, sommeille le diable de l’aventure (…). Les efforts consentis par le pays pour la génération post-indépendance des officiers en général ont largement porté leurs fruits  (…), mais nous sommes-nous posé la question de savoir si, par les temps qui courent, notre sécurité et celle de nos concitoyens sont entre de bonnes mains ?» Et de poursuivre ses attaques à peine voilées contre le vice-ministre de la Défense : «on assiste à un ‘concept’ nouveau, faisant de la fonction militaire un nomadisme et une gesticulation de tous les instants. De même qu’on assiste à une boulimie effrénée dans la réalisation coûte que coûte d’équipements militaires au détriment de l’économie nationale. Ne sont-ce pas là des signes avant-coureurs d’une ambition démesurée ?» Secret Même côté opposition, les critiques fusent. Le chef du groupe parlementaire FFS, Chafaâ Bouaiche, regrette carrément le débat d’une telle loi à l’APN, car «ces projets de loi visent à créer un domaine réservé aux autorités publiques et à interdire tout propos critique sur la place et le rôle de l’armée dans le pays. Le devoir de réserve et la retenue ne devraient concerner que les violations du secret militaire dûment établi». Un  point de vue qui n’est pas partagé par les députés du FLN qui plaident pour l’approbation de ce projet de loi. «Ce texte doit être voté car il a pour objectif de garantir l’unité nationale et faire face à la main étrangère qui menace la stabilité du pays», a déclaré l’un d’eux à El Watan Week-end. «C’est un texte qui a pour objectif le musellement des militaires à la retraite. Le meilleur exemple est celui du général Benhadid qui est encore sous les verrous à cause de propos tenus à l’encontre du vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaid Salah», dénonce un gradé de l’armée en retraite.

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