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Faute d'accord avec les fonds spéculatifs, pour la deuxième fois en 13 ans, l'Argentine se retrouve de fait en défaut de paiement ce jeudi. La troisième économie latino-américaine n'est pas parvenue à négocier une solution avec les fonds Elliott et Aurelius qui réclament le remboursement de 769 millions d'euros (1,33 milliard de dollars). Le de avait un ultimatum jusqu'à ce jeudi matin à 6 heures (heure française).

Pour en arriver là, il faut revenir en 2001. A cette époque, après des années de , l'Argentine ne parvient plus à rembourser sa dette de plus d'une centaine de milliards. Entre 2005 et 2010, le gouvernement parvient à en restructurer une partie : 93 % des créanciers ont accepté une décote de 65 % en moyenne sur leurs titres. 7% des créanciers ont refusé ces accords dont les fonds Eliott et Aurelius, qualifiés de fonds «vautours», dont la spécialité est de racheter à bon prix des créances pour ensuite obliger par voie juridique les Etats à honorer l'intégralité de leur dette. Une première victoire est obtenue par ces deux hedge funds le 23 juillet 2012 : un juge new-yorkais interdit à l'Argentine d'honorer les échéances de sa nouvelle dette (celle restructurée en 2005 et 2010) tant qu'elle ne rembourserait pas Elliott et Aurelius... De son côté, la Cour Suprême américaine refuse de se prononcer sur ce dossier laissant la décision du juge new-yorkais s'appliquer.

Sur le fond, l'Argentine a les moyens de payer la somme demandée par la justice américaine. Elle a d'ailleurs déjà provisionné 410 millions de dollars. Mais le pays a décidé de jouer la carte du bras de fer. Pourquoi ? Elliot et Aurelius ne représentent qu'une petite partie des 7% des créanciers qui ont refusé de négocier la dette. En cédant trop rapidement, le gouvernement craint de nouveaux recours. Et là, l'addition à payer serait de plus de 11 milliards d'euros...Et si tous les porteurs d'obligations structurelles venaient à emboîter le pas à ce mouvement, la note passerait à 89 milliards d'euros alors que ses réserves ne sont que de 20 milliards d'euros...

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A l'issue des négociations, Buenos Aires a immédiatement tenté de rassurer les places financières. «L'Argentine va rembourser les porteurs de bons issus de la dette restructurée, mais à des conditions raisonnables, sans tentative d'extorsion, sans pression, sans menace», a expliqué le gouvernement.

Difficile de savoir quel sera l'impact de ce défaut de paiement même si Christine Lagarde, le directrice générale du FMI, s'est voulue rassurante. «Même si un défaut est toujours regrettable, nous ne pensons pas qu'il aura des conséquences majeures en dehors du pays», a-t-elle expliqué. Reste que l'attitude de l'Argentine risque de lui faire perdre la confiance des investisseurs sur les marchés et elle pourrait se retrouver en difficulté pour trouver de nouveaux emprunts. Or, la situation économique en Argentine est loin d'être florissante. Son Produit intérieur brut devrait chuter de 2,5% cette année. En outre, la monnaie, le peso, a perdu près de 20 % de sa valeur en douze mois mais surtout le pays est pris dans une spirale d'inflation galopante sur une rythme de l'ordre de 30% sur un an.

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Pour s'en sortir, l'Argentine pourrait trouver une solution alternative par le biais des banques privées du pays. Celles-ci pourraient verser les sommes aux deux fonds Elliot et Aurelius. Un accord entre les banques du pays et le gouvernement pour rembourser la dette serait sans doute plus facile à trouver.

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