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Ils sont là, dans le soleil, sur plusieurs rangées, attendant, depuis des heures parfois. Ils prennent des photos, filment, pleurent. Et, parfois, applaudissent pour exprimer leur émotion et leur compassion. Mercredi 23 juillet, les Pays-Bas sont figés par la douleur et « la violence insensée d'une guerre inutile », comme le dit l'une des spectatrices de cette manifestation de douleur collective. CNN compare l'intensité de l'événement à celle des funérailles de John Kennedy. Le triste voyage des 40 premières victimes du crash de la Malaysia Airlines s'est achevé mercredi soir, sur le coup de 19 h 45, à Hilversum, dans le sud des Pays-Bas.

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MINUTE DE SILENCE

Quarante cercueils de bois clair sont entreposés dans les conteneurs réfrigérés d'une caserne de l'armée néerlandaise, un centre d'instruction pour les médecins militaires. Une série d'experts tentera, dès jeudi, d'identifier les victimes du Boeing 777. Selon les cas, le processus durera un jour, une semaine, un mois. Ou davantage, ont prévenu ces spécialistes. Qui disent aussi que certaines victimes ne pourront être identifiées. La violence du choc et la chaleur des réacteurs ont été trop intenses.

Deux avions de transport en provenance de Kharkiv ont atterri un peu avant 16 heures sur une base d'Eindhoven. Les quarante premiers cercueils arrivés d'Ukraine ont été débarqués par des soldats en uniforme alors que des clairons résonnaient. Le roi Willem-Alexander, la reine Maxima, le premier ministre Mark Rutte et son gouvernement ont assisté à une cérémonie d'hommage tandis que tout le pays respectait une minute de silence. A l'aéroport de Schiphol tout mouvement a été suspendu durant ces 60 secondes.

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SENTIMENT D'INJUSTICE

Le convoi des corbillards s'est ensuite mis en route pour parcourir, sous l'œil des caméras, la centaine de kilomètres séparant Eindhoven d'Hilversum. La télévision publique a diffusé l'ensemble de l'événement en direct, ainsi qu'une cérémonie religieuse d'hommage, à Amersfoort. Soixante-quatorze autres cercueils suivront le même chemin jeudi. Et d'autres encore vendredi.

Le pays a connu d'autres catastrophes, y compris aériennes. Jamais encore, il n'avait ressenti telles colère et injustice. Ce sentiment a été encore amplifié par la gestion erratique des suites de la catastrophe sur le terrain. Les images des séparatistes armés prorusses manipulant, sur le lieu du crash, les corps ou les débris de l'avion ont choqué, et laissé craindre une altération des preuves dans le cadre de l'enquête.

Selon des diplomates à New York, les Pays-Bas, mais aussi l'Australie, sont déterminés à « sécuriser » eux-mêmes la zone. Ils entendent pour cela déployer une « force de police avec une solide composante sécuritaire », ce que les diplomates comprennent par forces spéciales. Cette initiative est discutée en ce moment avec Kiev, et devrait être validée à l'ONU par une résolution à laquelle Moscou ne serait pas opposé.

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