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Des dizaines de Tunisiens ont  manifesté lundi devant la prison de Mornaguia (ouest de Tunis) pour exiger la  libération du patron de la chaîne privée Ettounsiya TV, Sami Fehri, en grève de  la faim depuis le 18 décembre, a constaté une journaliste de l'AFP.    "Oui à la justice, non à la vengeance!", "appliquez la loi, libérez le  prisonnier!", "le peuple veut une justice indépendante", ont crié quelque 300  personnes rassemblées devant les locaux de l'administration pénitentiaire.    "Sami Fehri est déterminé à poursuivre sa grève de la faim jusqu'à sa  libération", a déclaré l'avocate Sonia Dahmani, au sortir d'une visite à son  client.    Les manifestants venus par autobus de Tunis ont pu accéder au périmètre  extérieur de la prison, sous les yeux des gardes et policiers, qui ne sont pas  intervenus.    "Nous ne réclamons que l'application de la loi", a affirmé Salma, la soeur  du détenu arborant une copie de l'arrêt de la Cour de cassation qui a ordonné  fin novembre la libération du patron d'Ettounisiya     M. Fehri, qui s'était rendu à la justice, a été incarcéré fin août dans le  cadre d'une affaire de corruption remontant à l'époque du président déchu Zine  El Abidine Ben Ali.    L'intéréssé et ses défenseurs évoquent "un acharnement judiciaire" contre  le patron d'Ettounsiya en représailles d'une émission satirique politique de  Guignols diffusée l'été dernier par sa chaîne et suspendue, selon lui, sous la  pression de responsables islamistes du parti Ennahda au pouvoir.    "C'est une affaire de liberté, le ministre de la Justice s'acharne à garder  Sami Fehri derrière les barreaux parce que la ligne éditoriale indépendante de  sa chaîne n'est pas du goût du gouvernement", selon Tahar Benhassine, président  du comité de soutien organisateur de la manifestation.    Les autorités affirment vouloir "assainir" le secteur des complices du  régime déchu, à l'instar de M. Fehri, un associé de Belhassen Trabelsi,  beau-frère de Ben Ali, un homme d'affaires en fuite au Canada.    Les avocats de M. Fehri ont demandé l'annulation de son placement en  détention provisoire en raison de graves vices de procédure et la Cour de  cassation leur a donné raison. Le parquet a cependant empêché à deux reprises  la remise en liberté de M. Fehri.    Le patron d'Ettounsiya a été inculpé de complicité de détournement de fonds  publics et en vertu de l'article 96 du code pénal il risque 10 ans de prison  pour préjudices financiers causés à la télévision publique.    L'affaire a été renvoyée devant la chambre d'accusation pour le 3 janvier.

Source de l'article: http://ennaharonline.com/fr/news/17079.html

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