image

Le Pentagone a annoncé vendredi 8 août, en début d'après-midi, que les Etats-Unis avaient commencé à bombarder des positions de l'Etat islamique en Irak.

C'est le sort dramatique de milliers de chrétiens et Yazidis en fuite dans le nord de l'Irak qui a poussé le président américain à autoriser des frappes aériennes. Il s'agit, selon Barack Obama, d'éviter un "génocide".

"Des avions militaires américains lancent des frappes contre l'artillerie de l'Etat islamique. L'artillerie a été utilisée contre des forces kurdes qui défendent Erbil, près de personnels américains", a déclaré l'amiral John Kirby, porte-parole du Pentagone sur Twitter.

L'amiral Kirby a précisé peu après que vers 10h45 GMT (12h45 heure de Paris), deux chasseurs bombardiers F/A 18 avaient largué des bombes de 250 kilos guidées par laser sur une pièce d'artillerie mobile près d'Erbil.

Cette pièce d'artillerie servait à bombarder des forces kurdes à Erbil, dans le Kurdistan irakien, et menaçait des personnels américains basés dans la ville, a souligné ce porte-parole du Pentagone, l'amiral John Kirby.

"La décision de frapper a été prise par le centre de commandement américain avec l'autorisation du commandant en chef" Barack Obama, a-t-il encore indiqué.

Satisfaction à Bagdad

Deux ans et demi après le départ du dernier soldat américain d'Irak, l'armée de l'air américaine avait parachuté ces derniers jours des vivres et de l'eau aux civils piégés dans les montagnes.

L'armée irakienne a salué les frappes américaines. "Il va y avoir d'énormes changements sur le terrain dans les prochaines heures", a déclaré le chef de l'armée irakienne, le général Zebari. "Les officiers de l'armée irakienne, les peshmergas (kurdes) et des experts américains travaillent ensemble pour déterminer les cibles", a affirmé le général irakien.

La France annoncé, par la voix de l'Elysée, qu'elle était "prête à prendre toute sa part" à la lutte contre l'Etat islamique en Irak.

Pour sa part, le Royaume-Uni a appelé ses ressortissants "à quitter" trois provinces du Kurdistan irakien, dont Erbil.

Vers un corridor humanitaire ?

Les Nations unies ont indiqué qu'elles travaillaient désormais à l'ouverture d'un corridor humanitaire dans le nord du pays pour évacuer les civils pris au piège par l'offensive jihadiste.

"Maintenant que les frappes aériennes ont commencé, l'ONU en Irak prépare de toute urgence un corridor humanitaire pour permettre d'évacuer" les civils, a assuré Nickolay Mladenov, le représentant spécial de l'ONU à Bagdad.

Les islamistes ont pris le barrage de Mossoul

Les frappes américaines surviennent alors que les combattants de l'Etat islamique (EI) ont marqué de nouveaux points, jeudi, avec la prise de la plus grande ville chrétienne d'Irak, suivi de celle du plus grand barrage du pays, à Mossoul, cité qu'ils contrôlent depuis le 10 juin.

image

"Le barrage de Mossoul est aux mains des insurgés depuis hier [jeudi] soir", a déclaré Holgard Hekmat, porte-parole des forces kurdes peshmergas qui contrôlaient jusqu'alors l'installation. Cette information a été confirmée par le chef du conseil provincial de Ninive dans le nord du payx, dont Mossoul, prise par les djihadistes début juin, est la capitale.

"Des combats féroces ont eu lieu, et l'EI a finalement pris le contrôle du barrage", a déclaré à l'AFP Bachar Kiki.

Le barrage sur le fleuve Tigre, situé sur la rive sud du lac de Mossoul, à quelque 50 km au nord de la ville, fournit de l'eau et de l'électricité à la majeure partie de la région et est indispensable à l'irrigation de vastes zones de culture dans la province de Ninive.

En 2007, l'ambassadeur américain Ryan Crocker et le commandant des forces américaines en Irak David Petraeus avaient mis en garde contre les conséquences d'une catastrophe au barrage, affirmant qu'il menaçait de s'effondrer. "Une défaillance catastrophique du barrage de Mossoul aurait pour conséquence des inondations le long du fleuve Tigre jusqu'à Bagdad", avaient-ils écrit dans une lettre au Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

"Dans le pire scénario, une rupture instantanée du barrage de Mossoul, rempli à sa capacité maximale pourrait provoquer une vague de 20 mètres sur la ville de Mossoul, ce qui provoquerait des pertes humaines et des dommages considérables", ajoutait la missive.

LireVille par ville, l'inexorable avancée de l'Etat islamiqueL'EI utilise les barrages qu'il contrôle comme des armes pouvant lui permettre d'inonder de vastes zones. Plus tôt cette année, les jihadistes ont ainsi inondé d'importants secteurs aux alentours de Fallouja, à l'ouest de Bagdad.Depuis dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont pris la fuite dans le nord du pays face à l'avancée des jihadistes qui ne sont désormais qu'à une quarantaine de km d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan, allié de Washington.Les jihadistes se sont emparés jeudi de Qaraqosh, la plus grande cité chrétienne d'Irak et d'autres zones près de Mossoul.Le patriarche chaldéen Louis Sako a fait état de 100.000 chrétiens jetés sur les routes. La plupart sont partis vers le Kurdistan.  

Lire l'article a sa source

Partagez cet article

Submit to DeliciousSubmit to DiggSubmit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to StumbleuponSubmit to TechnoratiSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn