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Le Front des forces socialistes (FFS) a tenu, hier, une session de son conseil national consacrée, entre autres points, à l’explication de la démarche consensuelle qu’il entreprend pour sortir le pays du statu quo. Devant la multitude d’initiatives pour le changement démocratique, le plus vieux parti de l’opposition tient à faire sortir du lot son projet, qu’il juge «différent et inclusif». «Il est important de souligner que le consensus national que le FFS veut contribuer à instaurer ne se substitue pas et ne constitue en aucun cas une démarche similaire aux initiatives des partis de l’opposition ou bien à celle du pouvoir», précise Mohand Amokrane Cherifi, membre de l’instance présidentielle du FFS. Evoquant dans une conférence les modèles de consensus dans le monde et le cas de l’Algérie, M. Cherifi a expliqué que la démarche entreprise par ceux regroupés dans la CNLTD «recherche un large consensus autour d’une plateforme de transition en vue de créer un rapport de force contre le pouvoir permettant un changement radical du système» ; quant à ceux regroupés en pôle, «ils souhaitent également la plus large adhésion à leur programme pour une réforme progressive de ce système». Le pouvoir, quant à lui, vise à «réunir un consensus autour de son projet de révision constitutionnelle». Qu’en est-il du FFS ? M. Cherifi explique que «toutes ces initiatives sont construites unilatéralement : d’un côté l’opposition rejetant le système, de l’autre le pouvoir faisant peu de cas de l’opposition. Alors que le consensus national, tel que recommandé par le 5e congrès du FFS, est inclusif de tous les acteurs du pouvoir et de l’opposition ainsi que de la société civile». Le conférencier estime que le consensus national tel que pensé par le FFS n’est pas «défini à l’avance par l’un ou l’autre de ces acteurs à travers une plateforme ou un programme, mais sera construit par l’ensemble des parties, dans un cadre neutre transparent permettant à chaque acteur, du système et de l’opposition, d’avancer ses propositions pour une meilleure gouvernance du pays sur les plans politique, économique, social, culturel et environnemental». La conférence du consensus national qu’appelle le FFS de ses vœux offrirait, dit-il, un cadre approprié à ces acteurs afin de présenter leurs projets respectifs et de découvrir de possibles convergences et un large consensus sur des questions d’intérêt national. Revenant sur les modèles de transition et de consensus de par le monde, le membre de l’instance présidentielle, qui est aussi expert auprès des Nations unies, fait remarquer que l’initiative du FFS pour la construction d’un consensus national est une première dans les annales politiques. «De tout temps et en tout lieu, une telle approche restait du ressort des gouvernements qui l’utilisaient pour élargir leur base de pouvoir», indique M. Cherifi avant de souligner que c’est la raison pour laquelle une telle démarche n’est pas toujours bien accueillie. «La recherche d’un consensus dans le contexte politique national est une tâche complexe et risquée car sujette à critique par tous ceux qui pourraient y voir une menace pour leur position au sein du pouvoir ou dans l’opposition», estime le conférencier, en notant que ceux qui connaissent le FFS savent que «nous ne sommes pas des amateurs». Il explique que la participation du vieux parti de l’opposition à la fois à la conférence de la CNLTD et aux consultations initiées par le pouvoir autour de la révision constitutionnelle obéit à un seul et même objectif, qui est de «montrer l’intérêt que nous portons aux positions des uns et des autres ainsi que notre capacité unique à parler à tous, en toute confiance et sans préjugé, et de ce fait à même de les concilier dans le cadre de la reconstruction nationale en facilitant les échanges et la médiation entre tous». Ceci et de regretter que les incertitudes liées à la conjoncture politique actuelle «ne permettent pas d’identifier le ou les acteurs au sein du régime en mesure d’engager le système dans la reconstruction du consensus national». Une situation qui pousse le parti à opter pour la prudence, «afin de le préserver des risques d’échec et des critiques que notre initiative pourrait susciter du côté du pouvoir comme de l’opposition», considère Mohand Amokrane Cherifi. «Nous ne sommes pas des amateurs» Cette prudence recommande de s’accrocher «à son autonomie tout en engageant toutes les parties dans toutes les étapes du processus consensuel afin que la conférence soit celle de tous les acteurs rassemblés et non celle du FFS», indique le même conférencier. Un rôle de facilitateur de dialogue pour le FFS, qui tient à mener à terme son initiative pour la tenue d’une conférence nationale du consensus. S’inspirant des modèles qui ont réussi ailleurs, M. Cherifi estime que les participants auront un statut identique qu’ils soient du pouvoir, de l’opposition ou de la société civile. «Lorsqu’il y a volonté du pouvoir de contribuer au consensus, il faudrait par avance connaître jusqu’où il peut aller», note-t-il. Même si le processus risque d’être très long, Ali Laksri, également membre de l’instance présidentielle, estime qu’au FFS, «nous sommes convaincus que toutes les composantes de la société n’attendent que la volonté politique des différentes parties, pouvoir et opposition, pour s’impliquer et s’engager dans la concrétisation et la réussite de la conférence nationale de consensus». «Dès l’annonce du FFS d’organiser une conférence nationale de consensus, d’autres initiatives ont été lancées dans la précipitation, ce qui n’a pas empêché notre parti de répondre à l’invitation de la CNLTD et de la Présidence, ce qui est cohérent avec notre ligne politique et notre démarche. Le parti s’est fixé comme objectif la recherche et l’instauration d’un dialogue entre toutes les parties protagonistes en vue d’atteindre les objectifs de la résolution du 5e congrès du parti», affirme M. Laskri, en assurant ne rien avoir cédé sur la ligne politique du parti.

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