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Le président de la CNCPPDH considère la réconciliation nationale comme “une victoire importante”, dès lors qu’il n’y a pas eu d’intervention étrangère grâce aux hommes.Le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), Farouk Ksentini, est revenu, hier, à Alger, sur le dernier rapport de son institution sur la situation des droits de l’Homme en Algérie. Un document remis au président de la République en avril dernier et rendu public très récemment. Lors d’une conférence-débat au siège du quotidien DK News, il a estimé que le régime présidentiel est celui qui “convient le mieux à l’Algérie, car un pays comme le nôtre a besoin d’un homme fort”. Mais, comment a réagi le chef de l’État au contenu du rapport 2013 de la CNCPPDH plus particulièrement par rapport à la partie traitant du régime présidentiel, alors qu’il est lui-même très affaibli par sa maladie ? “Je pense que le président de la République a approuvé le rapport”, a répondu l’invité de DK News, rappelant qu’un tel document “n’a rien de complaisant” et que “par le moyen de tels rapports, nous essayons de faire progresser la culture des droits de l’Homme et de l’État de droit”. Le président de la CNCPPDH a, néanmoins, insisté sur la nécessité d’avoir “un président qui gouverne et non pas qui règne, car nous avons besoin d’être gouvernés et d’aller de l’avant”. M. Ksentini a, par ailleurs, abordé la question du “consensus national”, notant que “chaque tendance politique, même la plus radicale, a le droit de s’exprimer dans le cadre de l’action du gouvernement”. M. Ksentini s’est également exprimé sur d’autres questions d’actualité, ainsi que sur la situation des droits de l’Homme dans notre pays. À ce propos, il a réaffirmé que la réconciliation nationale a réalisé ses objectifs “essentiels” à 95%, citant en particulier “le retour à la paix civile”. “La réconciliation nationale a été algéro-algérienne. Il n’y a pas eu d’intervention étrangère grâce aux hommes ; depuis, elle s’est réalisée en une période courte”, a-t-il renchéri en saluant cette “victoire importante”. Et, signalera-t-il, c’est la raison pour laquelle “certaines parties”, dont la CNCPPDH, pensent que la réconciliation nationale est devenue une “étape indispensable”, nécessitant son inscription dans la Constitution. “La réconciliation nationale est un principe constitutionnel”, a soutenu l’intervenant, non sans observer qu’à son avis, elle devrait s’achever par “une amnistie générale”. Une “décision politique” que seul le président de la République est habilité à prendre, signalera-t-il. D’après Farouk Ksentini, “cette amnistie permettra de fermer la page définitivement (de la décennie noire, ndlr) et nous éviter les règlements de comptes, comme le voudraient certains”. La constitutionnalisation de la réconciliation, poursuivra l’invité de DK News, signifie que “le peuple algérien, surtout les jeunes générations, n’oublie pas le prix payé pour combattre la violence”. Pourtant, plus loin, le même responsable reconnaîtra que cette constitutionnalisation n’est pas sans “danger”, dans le cas d’une “instrumentalisation politique, par certains”. Concernant la révision de la Constitution, le président de la CNCPPDH espère qu’elle sera “une Constitution sociale et politique”, voire “une Constitution pérenne, égalitaire et ouverte, de façon à ce que l’Algérie puisse renforcer la démocratie”. M. Ksentini a enfin démenti l’information selon laquelle il aurait déclaré au quotidien El-Bilad que l’homme d’affaires, Abdelmoumène Khalifa, actuellement en détention au niveau de la prison d’El-Harrach, avait introduit une demande de liberté provisoire. “Il ne faut pas qu’il y ait confusion ; j’ai seulement dit à certains journaux que Khalifa a le droit de faire une demande de liberté provisoire”, a-t-il affirmé. Conscient que dans l’affaire du golden boy, le président du tribunal criminel, ayant des pouvoirs discrétionnaires, peut demander une instruction complémentaire avant de rendre définitif son jugement, le responsable de la Commission des droits de l’Homme a clairement laissé entendre que “le dernier mot revient à la justice et aux magistrats”, pour mettre un terme à la polémique.

H. A.

 

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