Des implants cardiaques de plus en plus techniques

En 2011, 60 000 stimulateurs cardiaques ont été implantés pour contrôler des cœurs trop lents, de plus en plus nombreux car la bradycardie est un signe de vieillissement du cœur. Ces implants existent depuis les années 1950 et permettent d'accélérer le rythme cardiaque lorsqu'il descend trop bas, ce qui peut provoquer des syncopes. Depuis les années 1980, il existe également des défibrillateurs implantables qui provoquent un choc électrique afin de relancer des battements normaux lorsque le cœur devient tachycardique ou se met en fibrillation ventriculaire, évitant ainsi une mort subite. L'année dernière, 9 000 défibrillateurs ont été implantés en France. Certains de ces implants, stimulateurs ou défibrillateurs, sont désormais également capables de resynchroniser l'enchaînement des diverses impulsions électriques entre les chambres du cœur pour assurer une contraction efficace dans certains cas d'insuffisance cardiaque.

Les implants cardiaques sont composés d'une ou deux sondes placées dans le cœur et d'un boîtier pour piloter les impulsions électriques. Ce dernier, désormais miniaturisé, contient une batterie, des éléments de mesure du rythme cardiaque et des composants électroniques programmables capables de gérer les impulsions à délivrer. De plus en plus de modèles possèdent d'autres éléments pour enregistrer le rythme cardiaque et transmettre des informations à distance, à travers la peau. La batterie n'est pas rechargeable et le boîtier doit être remplacé au bout de six à dix ans. C'est souvent également l'occasion de vérifier si les sondes doivent également être changées.

«Il est important que le patient comprenne bien le rôle de son implant»

«La mise en place se fait sous anesthésie générale, et, à travers une incision sous la clavicule, les sondes sont glissées par le biais d'une veine jusqu'au cœur, explique le Pr Philippe Mabo, cardiologue au CHU de Rennes. Le boîtier, lui, est placé sous la peau ou sous le muscle lorsque le patient est un peu maigre.» L'ajustement des paramètres se fait au cours des premières vérifications dans les deux mois qui suivent la pose. Un contrôle est réalisé tous les six mois pour les défibrillateurs et tous les ans pour les stimulateurs.

L'intervention comporte des risques et des complications peuvent se produire. Il peut ainsi arriver que des bactéries transportées par le sang se fixent sur les sondes dans le cœur et contraignent le chirurgien à extraire les sondes, ce qui est particulièrement difficile si les sondes ont été posées longtemps auparavant.

«Il est très important que le patient comprenne bien le rôle de son implant et qu'il apprenne à bien vivre avec, d'autant plus qu'il le conservera toute sa vie dans la majorité des cas, souligne le PrMabo. Un minimum de suivi est indispensable afin de vérifier qu'il remplit bien ses fonctions. Il ne s'agit pas d'oublier sa présence.» Certains implants récents permettent d'ailleurs aux patients de transmettre régulièrement à leur médecin les informations recueillies par le boîtier, avec des résultats prometteurs selon une étude réalisée par l'équipe du Pr Mabo.

 

Source de l'article: http://www.lefigaro.fr/sante/2012/12/26/01004-20121226ARTFIG00282-des-implants-cardiaques-de-plus-en-plus-techniques.php

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