palmier

Les producteurs de dattes et notamment ceux qui parient sur la seule Deglet Nour affichent tristes mines cette saison. C’est qu’ils ont frôlé la catastrophe à cause d’un été extrêmement chaud et sec.

La Deglet Nour, plus sensible aux aléas climatiques que les autres variétés de dattes, est d’une qualité moindre que l’année dernière, se désolent-ils. Ils ont dû batailler ferme pour préserver les régimes soumis à des températures infernales et à une prolifération de parasites et de ravageurs du palmier dattier qui ne s’attaquent pas aux autres variétés plus résistantes aux pics de chaleur, au manque d’eau et aux acariens. Cette situation illustrant le danger lié à la monoculture, en l’occurrence celle de la Deglet Nour, a été maintes fois soulevée par les chercheurs en botanique et scientifiques étudiant les problématiques  du développement des zones arides.

Ayant parfaitement modélisé les effets négatifs de la monoculture, ils ont appelé à sauvegarder et encourager la culture d’autres cultivars de dattes, dès les années 2000. Trois ans plus tard, les fellahs ont été incités à diversifier leurs cultures de dattes avec primes et subventions à la clé pour les phoeniciculteurs plantant de 10 à 15% de palmiers d’autres variétés que celle de la Deglet Nour. Premiers effets de ces mesures : des variétés que l’on croyait définitivement disparues font leur réapparition sur les étals des revendeurs à Biskra.
Les étagères des supérettes et épiceries de la ville proposent, désormais, des produits issus des dattes, tels que les sirops et jus (rob), de la farine (rouina) et de la pâte de dattes prisée par les pâtissières.
Encore embryonnaire, cette industrie de l’agroalimentaire a encore beaucoup d’efforts à réaliser pour proposer des produits aux normes internationales.

Lazhar Setta, précurseurs dans la fabrication manufacturée de jus et miel de palmier (rob) a complètement remboursé les prêts contractés auprès des banques et les commerçants de gros font la file pour acheter ses bocaux de rob de plus en plus demandés par les clients, est-il fier d’annoncer. Des fleuristes et pépiniéristes de Biskra, des dinandiers de Constantine, des céramistes d’Alger, des vanniers de Oued Souf, des orfèvres de Béchar et des potiers de Tizi Ouzou ont enrichi cette manifestation dédiée au patrimoine artisanal national, dont les perspectives sont prometteuses pourvu que les efforts continuent d’y être concentrés par les intervenants étatiques ou privés. Il y va de la survie sociale et économique des régions phoenicicoles d’Algérie, doit-on  le préciser.


Les bienfaits du pamier dattier


Avec ses 4,2 millions de palmiers dattiers, dont 2,6 millions sont productifs, la wilaya de Biskra est en passe de réaliser une production de 3,22 millions de quintaux de dattes, constituée de 60% de Deglet Nour, 35% de Degla Baidha et de ghers et de seulement 5% d’autres variétés de dattes délaissées pour des raisons purement économiques, selon les estimations et les constatations de la direction des services agricoles. Affichant l’ambition de valoriser le savoir-faire acquis par les producteurs et transformateurs de dattes des Zibans, de présenter une large gamme de produits issus du palmier dattier et d’exposer aux opérateurs économiques les opportunités d’investissement dans la filière, tels ont été les objectifs du 2e Salon des produits dérivés du palmier dattier qui s’est tenu, du 22 au 26 décembre, à la maison de l’artisanat de la route de Tolga. Ce fut l’occasion pour les visiteurs de découvrir les nombreux bienfaits du palmier dattier. Youcef Si El Abdi, directeur de la Chambre de l’artisanat et des métiers (CAM) de Biskra, organisateur de l’événement sous l’égide de la direction du tourisme, œuvre à aider les artisans, activant dans la transformation des dattes, à transposer leurs méthodes de production artisanale en activités semi-industrielle par le renforcement des systèmes de production localisé (SPL) et l’accompagnement technique et managérial. Il entrevoit la création de milliers d’emplois et la pérennisation des connaissances et du savoir-faire local en matière de production de produits dérivés des dattes et du palmier dattier que ce salon visait à mettre en exergue.    


La datte dans tous ses états


Outre les dattes, source exceptionnelle de protéines et de vitamines, le palmier dattier offre une large gamme de produits naturels que les anciens habitants des Zibans connaissent très bien. Depuis des millénaires, les Oasiens extraient des différentes variétés de dattes et du palmier, un éventail de produits allant des fruits consommés à l’état brut au légendaire suc de cœur de palmier (legmi) tonifiant et dont quelques gorgées apaisent la soif pour plusieurs heures, en passant par la farine et la pâte de dattes, les jus, les produits cosmétiques et les matières utilisées par les vanniers. Jusqu’aux noyaux de dattes qui ont leur place dans cette gamme de produits issus du palmier. Broyés et mélangés à 50% avec d’autres matières, ces derniers constituent un excellent aliment pour le bétail. C’est dire la richesse et la générosité du palmier dattier, dont il existe, rien qu’à Biskra, 360 cultivars dûment répertoriés et homologués. Chacune de ces variétés de dattes a des propriétés et des caractéristiques propres. Mme Nadjet Dekhia, chercheure au Centre de recherche scientifique et technique des régions arides (CRSTRA) de Biskra, est catégorique sur la nécessité de valoriser les produits issus du palmier dattier et d’encourager la plantation de toutes les variétés de dattes. «Dans les régions du sud algérien, la culture du palmier dattier dépasse l’aspect purement économique. La phoeniciculture est non seulement une source importante de revenus, mais aussi un facteur de cohésion socioculturelle, de fixation des populations et de sécurité alimentaire nationale. Malgré cela, les potentialités offertes par le palmier dattier sont encore sous-exploitées», soutient-elle.

Notant que la focalisation sur la seule deglet nour est une grave erreur héritée de l’époque coloniale qui a participé à l’appauvrissement de la biodiversité locale et jeté aux oubliettes un savoir-faire ancestral en matière de transformation des produits issus du palmier dattier, notre interlocutrice cite le cas du zoggar-noggar, variété de dattes dont le taux de saccharose est très inferieur à celui du fructose, «ce qui en fait un produit adapté aux diabétiques», dit-elle.
Les biofertilisants obtenus par le broyage des palmes sèches et des rameaux des régimes enrichis à 50% d’azote et les jus diététiques tirés de certaines dattes sont des produits sains, biologiques et à forte valeur ajoutée. Mme Nadjet Dekhia prône la création de petites unités de production de différents produits issus du palmier dattier.

Source de l'article: http://www.elwatan.com/actualite/des-produits-derives-du-palmier-dattier-font-leur-entree-30-12-2012-197733_109.php

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