Recul de l'obésité chez les enfants américains

Ce n'est encore qu'un frémissement, mais il est prometteur. Aux États-Unis, le pays le plus durement frappé par le problème du surpoids, le nombre d'enfants obèses montre des signes de léger recul, selon deux études récentes. Une première après trente ans d'une croissance continue du fléau pendant laquelle la part d'enfants atteints avait plus que triplé pour atteindre 20%.

Selon les chercheurs des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) qui ont étudié les mensurations de 26,7 millions d'enfants de 2 à 4 ans issus de foyers à bas revenus - une population particulièrement vulnérable -, un pic a été atteint en 2004 avec 15,36% de jeunes obèses, avant que leur proportion redescende légèrement en 2010, à 14,94%. Le taux d'obésité extrême est, quant à lui, passé de 1,75% des enfants en 1998 à 2,22% en 2004 avant de baisser à 2,07% en 2010.

Des effets à long terme

«À notre connaissance, il s'agit de la première étude nationale montrant que la prévalence de l'obésité et de l'obésité extrême chez les jeunes enfants américains a commencé à décliner», écrit Liping Pan, principal auteur de ces travaux publiés mercredi dans le Journal of the American Medical Association (Jama). «Les résultats de cette étude témoignent de progrès modestes récents (…) qui peuvent avoir des conséquences importantes en raison des risques sur la santé tout au long de la vie de l'obésité et de l'obésité extrême durant la jeune enfance», poursuit-il. Un enfant obèse court plus le risque d'être obèse à l'âge adulte et donc de souffrir de maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, de diabète et de certains cancers.

Une même tendance à l'amélioration du taux d'obésité infantile avait aussi été relevée en septembre dans un rapport de la Robert Wood Johnson Foundation (RWJF). Selon ces travaux, un recul significatif avait été constaté dans plusieurs grandes villes: New York (-5,5% chez les écoliers entre 2007 et 2011), Philadelphie (- 4,7%), Los Angeles (- 3%).

Des programmes de sensibilisation qui paient

Les études épidémiologiques ne permettent pas de savoir ce qui a provoqué cette inversion de la tendance. Les auteurs avancent toutefois quelques hypothèses. Heidi Blank, coauteur de l'étude des CDC, y voit l'effet d'une augmentation de l'allaitement maternel et de la conscience accrue des bienfaits de l'activité physique pour la santé, y compris chez les très jeunes enfants.

La RWJF souligne de son côté des points communs entre les villes ayant enregistré des progrès: elles ont mis en place de nombreux programmes complets visant à la fois les écoles et les lieux de vie de quartier afin de faciliter l'accès des riverains à une nourriture saine (la vente de boissons sucrées a par exemple été interdite dans les établissements scolaires), d'encourager l'exercice physique et de véhiculer de l'information.

 

Source de l'article: http://www.lefigaro.fr/sante/2012/12/27/01004-20121227ARTFIG00349-recul-inedit-de-l-obesite-chez-les-enfants-americains.php

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