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L’Armée algérienne est en train de déployer 8000 hommes pour une opération dans la bande frontalière commune entre l’Algérie et la Tunisie. Cet envoi massif de troupes auxquelles se joindront 6000 soldats tunisiens vise à éradiquer les foyers terroristes dans la région du mont Chaâmbi et de tout l’arrière-pays de Kassrine, dans l’Ouest tunisien. L’utilisation de l’euphémisme «bande frontalière» par les communicants du ministère de la Défense nationale masque en réalité une véritable opération extérieure de l’ANP, une seconde après celle, plus discrète et non médiatisée, de l’autre côté de la frontière libyenne il y a un mois. Il ressort des premiers éléments d’information que nous avons reçus que 2500 gendarmes s’occuperont de boucler et sécuriser toutes les routes et chemins menant à la frontière et effectueront des missions de renseignement et d’observation du côté algérien. Le gros des troupes algériennes opérera du côté tunisien et il sera formé de plusieurs sections de commandos de chasse, d’infanterie motorisée, d’un détachement d’artillerie mobile et un détachement du génie militaire qui se chargera de veiller au déminage de la zone, ainsi que de l’ouverture de routes sécurisées dans les maquis. Le génie militaire, dont les soldats ont été les véritables héros de l’ombre pendant la guerre contre le terrorisme, a permis l’édification de casernements au coeur de bastions terroristes et de récupérer des pans entiers de territoires abandonnés au début des années 1990. L’infanterie motorisée, équipée de blindés légers, s’occupera de cerner le mont Chaâmbi avec les soldats tunisiens en formant des cercles concentriques totalement hermétiques. Les commandos de chasse serviront d’éclaireurs et détermineront les lieux probables dans lesquels les terroristes se terrent ; ils seront accompagnés de guides locaux et de membres du GFS (Groupement des forces spéciales) de l’armée de terre tunisienne. Bien équipés et bien formés, les GFS ont été à la pointe de la lutte antiterroriste et ont une bonne connaissance du terrain. Ces groupes spécialisés dans la traque des terroristes pourront être déposés au sommet par des hélicoptères. Selon la communication officielle, l’opération concernera les wilayas algériennes limitrophes avec la Tunisie, en particulier celles de Tébessa, Khenchela, Oued Souf, Batna et Biskra, et le Gouvernorat de Kassrine du côté tunisien. Un territoire à sécuriser de plus de 10 000 km2 avec une attention toute particulière accordée au piémont du Chaâmbi et au mont lui-même qui occupe tout de même quasiment 1000 km2. Le plan aurait été présenté pour approbation au président Bouteflika par l’état-major de l’ANP. Il comporterait sept volets et viserait l’éradication du foyer terroriste islamiste qui commence à s’enraciner dans le mont Chaâmbi. Avant de détailler le plan, il est utile d’avancer quelques hypothèses plausibles sur l’apparition du phénomène dans cette région. Logistique D’abord, l’efficacité notoire de la police tunisienne qui a réussi, par un travail de renseignement et un maillage sécuritaire, à rendre l’atmosphère complètement irrespirable pour les groupes terroristes qui proliféraient dans les villes. Profitant du fait que le mont Chaâmbi se trouve à cheval entre l’Algérie et la Libye, mais surtout du fait de l’existence, depuis des années, de réseaux transnationaux spécialisés dans la contrebande sur lesquels se sont greffés de manière symbiotique les groupes terroristes, offrant protection et argent à des réseaux qui disposent d’une parfaite connaissance du terrain et d’une excellente chaîne logistique. Ceci explique le renforcement en éléments de la Gendarmerie. Cela explique aussi le fait que le terrorisme n’ait pas pris plus au nord dans le massif de Aïn Drahem qui chevauche de manière plus prononcée la frontière. Drones Les sept volets du plan vont concerner les points suivants : d’abord étrangler financièrement les groupes armés avec la mise en place d’un dispositif, côté tunisien, empêchant la collecte de fonds et les prêches djihadistes dans les villes et villages, la lutte sans merci contre les réseaux contrebandiers pour empêcher l’afflux de nourriture et de médicaments vers les maquis. Ensuite, l’accentuation du renseignement sur la région, en faisant de la récolte sur le terrain, de l’écoute de communications, de la surveillance par les airs grâce aux moyens de renseignement aériens algériens, drones Seekers, avions Beech 1900 MMSA, Su24 MR et Mig25 RB, qui permettent d’avoir, en combinant toutes les données, des informations de haute qualité et parfois en temps réel. Les Tunisiens disposent, quant à eux, de drones de fabrication locale de très bonne facture, qui s’ajoutent au dispositif algérien. Sur le terrain, les soldats des deux nationalités auront la tâche d’accaparer les points hauts et de créer un maillage de postes d’observation pouvant orienter les tirs et observer les mouvements suspects. Internet sera aussi un lieu d’observation privilégié pour les services de sécurité, les réseaux sociaux seront épiés pour connaître les moindres faits et gestes des terroristes et leurs capacités de recrutement. Sur un plan plus opérationnel, les troupes spéciales auront pour tâche d’exploiter les informations recueillies et de déterrer les nids de terroristes, tandis que le gros des troupes s’occupera de resserrer l’étau autour d’eux. Le mont Chaâmbi culmine à plus de 1500 mètres d’altitude, ce qui en fait le plus haut point de Tunisie, il se situe à 18 kilomètres de Kassrine, chef-lieu du Gouvernorat tunisien du même nom et à 52 kilomètres de Tébessa, la première grande ville algérienne de l’autre côté de la frontière.

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